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Anne d’Autriche

Fiancée à l’âge de dix ans, Anne épouse par procuration du duc de Lerme, le 18 octobre 1615, Louis XIII, fils de Henri IV et de Marie de Médicis.  Le véritable mariage en France, d’Anne d’Autriche et Louis XIII, est célébré à Bordeaux le 21 novembre suivant. Bien que les jeunes mariés n’aient que quatorze ans, Marie de Médicis, alors régente, ne veut pas qu’on puisse remettre en question cette union et s’ingénie à ce que ce mariage soit immédiatement consommé, ceci, pour des raisons politiques. Cependant, du fait de l’inexpérience des mariés, la nuit de noces semble s’être assez mal passée. Le jeune roi en gardera longtemps rancune contre sa mère, mais surtout, il ne s’approchera plus de son épouse pendant les quatre années suivantes.

Installée dans les appartements du Louvre avec sa suite, Anne d’Autriche reçoit tous les égards dus à son rang mais est délaissée. D’une part, Marie de Médicis continue à porter avec hauteur le titre de reine de France, sans la moindre déférence à l’égard de sa belle-fille. D’autre part, Louis XIII continue à se désintéresser d’elle. Il est vrai que le roi a une nature complexe et sa timidité l’empêche de s’accorder avec elle. Entourée par une petite cour peuplée d’une centaine de dames espagnoles, elle continue à vivre à la mode espagnole et son français est encore très hésitant. Anne éprouve ainsi des difficultés à communiquer avec sa nouvelle famille. Enfin, Anne d’Autriche partage avec son époux une timidité et une inexpérience qui n’arrangent pas la situation.

Il faut attendre l’assassinat de Concini et le coup d’État de Louis XIII contre sa mère en 1617 pour voir les choses évoluer. Conscient du problème diplomatique et dynastique que cause l’indifférence du roi à l’égard de la reine, le duc de Luynes, nouveau favori, tente d’y remédier. Tout d’abord, il fait chasser la cour espagnole d’Anne d’Autriche et remplacer les dames d’atours espagnoles par des françaises. La comtesse de Torre, surintendante de la Maison de la Reine est remplacée par Marie de Rohan, la propre femme du duc de Luynes (la future duchesse de Chevreuse). Le duc organise des rendez-vous intimes entre Anne et le roi. Sous l’influence de Mme de Luynes, la reine commence à s’habiller et à se comporter comme une Française. On lui fait porter des décolletés. Au printemps 1619, Luynes finit par forcer le roi à coucher avec la reine. A partir de ce moment, les relations entre Anne et Louis XIII ne cesseront de s’améliorer et Louis restera longuement à son chevet lors de sa grave maladie en janvier 1620. Toutefois cette idylle n’ira pas jusqu’à faire admettre Anne au Conseil alors que la reine-mère y siège. Anne d’Autriche n’eut donc aucune possibilité de jouer le rôle politique qu’en attendait son père.

La lune de miel dure peu. La mésentente s’installe à nouveau entre les souverains. Tout d’abord, Anne fait plusieurs fausses couches qui mécontentent le roi. Le 14 mars 1622, alors qu’elle joue avec ses dames d’atours dans les galeries du Louvre mal éclairées, Anne bute contre une estrade et fait une fausse couche. Louis XIII est furieux contre elle, mais plus encore contre Mme de Luynes, impardonnable à ses yeux d’avoir entraîné la reine enceinte dans une telle imprudence. À partir de cette époque, le roi supporte de plus en plus mal l’influence que Mme de Luynes exerce sur sa femme. L’antipathie de la duchesse pour le roi est réciproque et lourde de conséquences pour le couple royal. La situation se détériore d’autant plus que le duc de Luynes, responsable de l’entente conjugale, est mort l’année précédente et que le roi est accaparé par la guerre contre les protestants. Le roi écarte pour un temps Marie de Rohan en lui retirant les fonctions de surintendante auprès de la reine. Mais son remariage avec le duc de Chevreuse la rend intouchable.

En 1625, une alliance matrimoniale est conclue entre la France et l’Angleterre. Le 11 mai, Henriette, sœur de Louis XIII, épouse par procuration le nouveau roi d’Angleterre Charles Ier. Le duc de Buckingham, favori du feu roi, est chargé d’escorter la princesse. Selon l’usage, la Cour de France accompagne Henriette jusqu’à la frontière. Anne d’Autriche est du voyage ainsi que la reine-mère (Louis XIII est resté à Paris). C’est au cours de ce voyage que Buckingham fait une cour pressante à Anne. A l’étape d’Amiens, la duchesse de Chevreuse s’arrange pour isoler Anne et Buckingham du reste de la Cour. Ce dernier se montre entreprenant, Anne pousse un cri… La suite royale accourt alors que Buckingham s’éclipse. Rien de fâcheux ne s’est passé. Mais l’incident fait le tour des Cours européennes et touche fatalement l’amour propre de Louis XIII, alors que les relations conjugales du couple sont déjà tendues. Buckingham se voit interdire le sol français.

La mésentente perdure entre les souverains, pour deux raisons. La première est l’absence d’héritier direct après seize ans de mariage. Cette situation fragilise la dynastie car la reine-mère Marie de Médicis ou le frère du roi Gaston de France, héritier présomptif, suscitent des intrigues à l’intérieur et à l’extérieur du royaume. La seconde est la présence, au plus près du roi, de son ministre Richelieu qui mène la lutte contre la Maison d’Autriche dont Anne est issue. Or si celle-ci n’a pas d’influence politique elle n’en reste pas moins proche de sa famille espagnole et ressent une hostilité vis-à-vis du ministre qu’elle partage avec le parti dévot et les Grands du royaume. Toujours sous l’influence de la duchesse de Chevreuse, la reine se laisse entraîner dans l’opposition, défiant la politique absolutiste du cardinal de Richelieu, nouveau premier ministre du roi à partir de 1624. Plusieurs rumeurs de trahison sont portées à l’encontre de la reine, mais sans réel élément à charge, notamment concernant sa participation aux conspirations de Chalais puis de Cinq-Mars.

Malgré ce climat de méfiance, la reine est enceinte peu après : Louis Dieudonné (Louis XIV) naît le 5 septembre 1638, à Saint-Germain-en-Laye. Mais cette naissance, suivie d’une deuxième, ne suffit pas à rétablir la confiance entre les deux époux.

Source : Wikipedia

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