entretien

Bas les masques, monsieur Anquetil !

Stéphane Anquetil ôte son masque africain pour répondre à nos questions. Son enquête, la 18e de Sherlock Holmes Détective Conseil, sortira en effet dans quelques jours…

Reporter d’Ystari – Bonjour Stéphane. Peux-tu te présenter succinctement ?

Stéphane : J’ai 41 ans, je suis co-fondateur d’une société d’image de synthèse 3D et je suis « retombé » dans le jeu vers 2009.

– Qu’est-ce qui t’a poussé à te lancer dans l’écriture d’une enquête ?

Je suis un gros fan du jeu et des jeux à histoire en général. SHDC m’a tout de suite plu parce que son mécanisme ne repose pas sur des statistiques, des cartes ou des probabilités. C’est purement littéraire. Le concours d’écriture a été le déclencheur.

– De quoi t’es-tu inspiré pour le scénario ?

J’avais une idée de « ruse » pour l’enquête et je suis parti dans une direction bien précise dans mes recherches (que je ne peux pas dévoiler pour ne pas spoiler). À partir de là, un contexte historique s’est imposé, la guerre des Boers. J’ai continué de fouiller et j’ai découvert ce conflit assez méconnu en France, qui m’a donné un « background » qui a servi dans l’enquête. Je me suis pris au jeu, du coup, beaucoup d’éléments sont vraisemblables, ce qui donne une vraie épaisseur à l’intrigue principale comme au reste.

– Combien de temps cela t’a-t-il pris ?

Un bon mois de recherche, puis le sacrifice de quelques samedi « jeux » entre amis pour rédiger au calme sur l’ordi. Ensuite, il y a eu 3 playtests chez moi avant l’envoi à Ystari pour le concours. Puis vers mars-avril 2013, avec les retours de Thomas et Cyril, sachant qu’il fallait décaler la date et étoffer le journal, j’ai refait quelques recherches, notamment sur les archives du Times, qui est basé sur le vrai Times du 5 février 1902 ! Et j’ai refait jouer l’enquête pour m’assurer que les ajustements n’introduisaient pas de déséquilibres entre les pistes et les fausses pistes. Donc effectivement, c’est chronophage, mais c’est prenant !

– As-tu eu plus de bonnes ou de mauvaises surprises ? Lesquelles ?

L’enquête a bien fonctionné dès la première version, donc c’était motivant. Après c’était du calage, des erreurs de typo, des tournures de phrases à changer, de la relecture, des points de détails… Le jeu est plus subtil qu’il n’y paraît. C’est une intrigue, mais aussi un mécanisme avec une unité de lieu et de temps. L’Histoire apporte un plus, mais il faut qu’elle reste accessible et compréhensible à notre époque. Il faut induire les joueurs en erreur mais sans mauvaise foi, tout en restant logique. Bref, c’est un exercice d’équilibre.

Le principal problème, c’est qu’on ne peut pas re-tester une enquête avec les mêmes joueurs : ils savent. Il manque l’effaceur de mémoire de Men In Black !

– Quel degré de difficulté attribues-tu à l’affaire par rapport à celles existantes ?

Elle n’est pas « bloquante ». On peut passer à côté d’un élément et arriver au résultat par une autre piste. De l’avis général, elle est immersive, prenante et longue. J’ai remarqué que les débutants s’en sortaient mieux que les joueurs aguerris.

– Quel est ton ressenti à la veille de la sortie de l’enquête ?

Très satisfait, excité même ! Le rythme de l’édition de jeu, par rapport à mes autres expériences en tant qu’auteur (chez Elephorm par exemple), est posé, très lent. Ce qui est formidable, c’est de voir les autres prolonger et améliorer son travail, Thomas avec ses retours pointilleux et sa relecture, Cyril avec la mise en page, Arnaud et Nériac à l’illustration. La somme de ces talents donne vraiment un produit fini.

– Quelque chose à ajouter à l’intention des joueurs ?

Mon conseil : prenez des notes ! 😉 Surtout n’hésitez pas à refaire si vous voyez que vous êtes à côté des questions ou des bonnes réponses. Enfin, pour les férus d’histoire, beaucoup de personnages et lieux sont réels,  vous pouvez encore « mener l’enquête » sur internet et trouver des anecdotes ou des photos !

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